Carnaval, Carnavals !

A l’origine, le Carnaval n’était pas une fête, mais un rituel. La date de sa célébration, qui change d’année en année, dérive de l’antique tradition qui découpe le temps en tranches de 40 jours.

Né en Europe, le Carnaval est propre aux peuples latins, germaniques et nordiques. Il s’installe avec d’autres fêtes chrétiennes au début du Moyen-Age.

Ainsi, la période qui va de l’Epiphanie – début Janvier – au mercredi des Cendres – le lendemain du Mardi-Gras – à mi Février – unit étroitement le sacré au profane. Car si l’idée du Carême était, dans l’Eglise des premiers siècles, de se préparer à la fête de Pâques, le Carnaval permettait aux gens de vivre des réjouissances issues des anciennes fêtes d’hiver

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Février/Mars, est le temps du renouveau de la nature , du réveil de la terre. Or, avant toute nouvelle création, le monde doit retourner au chaos primordial pour se ressourcer. Ce chaos était représenté par le Carnaval, au cours duquel un pauvre d’esprit ou était élu roi – joliment revisité par Victor Hugo dans Notre-Dame de Paris et repris dernièrement en spectacle musical -et revêtait des ornements royaux.

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La Fête des Fous réjouissait les plus déshérités qui noyaient leur désespérance quotidienne dans une euphorie qui provoquait l’effervescence et la joie chez les notables et les princes.

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Un âne était revêtu des vêtements épiscopaux et officiait à l’autel. Or, l’âne symbolise notamment « satan », c’est-à-dire l’inverse de l’ordre assuré par l’Eglise. Au cours des fêtes du Carnaval, toutes les individualités disparaissent sous les masques et le maquillage, permettant ainsi la confusion qui symbolise le chaos. Paillardes, cruelles, elles étaient le reflet de toute l’adversité subie par les plus déshérités.

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Aujourd’hui comme hier, Les fêtes de Carnaval accompagnent le passage de l’Hiver au Printemps, de la mort à la vie : elles signalent le renouveau de la nature dans l’exubérance, la fantaisie et l’imagination.

Dans l’Antiquité, les Dieux faisaient et défaisaient les saisons. Au cours de ces fêtes, on procédait à des sacrifices. L’objectif était que les divinités de la nature chassent le froid et favorisent le retour de la végétation ou, par exemple, les naissances dans les troupeaux.

Aujourd’hui, toutefois, on sacrifie surtout à la Danse à la musique et aux défilés bruyants et colorés, emplis de rires plutôt que de sacrifices sanglants !

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Le Carnaval est une survivance des Bacchanales, Lupercales, Saturnales romaines, des fêtes grecques en l’honneur de Dionysos, des fêtes d’Isis en Égypte ou des Sorts chez les Hébreux.

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Ces fêtes se rattachaient aux traditions religieuses de la plus haute Antiquité. Elles célébraient le commencement de l’an nouveau et le réveil de la nature. Pendant quelques jours, les esclaves devenaient les maîtres, les maîtres prenaient la place des esclaves, les servant à table par exemple : devenait permis ce qui était habituellement interdit.  Carnava1, carnavals !7

Grâce aux déguisements, aux masques, chacun peut oublier pour un temps la misère, la maladie, la souffrance. Chacun peut changer de condition : les hommes se déguisent en femmes, les enfants s’octroient des droits d’adultes. La réserve qui régit habituellement les rapports sociaux disparaît. Le masque de l’hypocrisie tombe : place à la satire et à l’humour !

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A Carnaval, rien ne se fait sans raison : rites et masques se chargent d’une signification dont les symboles sont très divers. Par exemple, les traditionnelles batailles de confettis ne sont que la survivance de l’antique usage de répandre des graines de céréales et de riz, rites de fécondité qui subsistent dans les cérémonies de mariage des pays latins.

La célébration du Carnaval est traditionnellement marquée, aujourd’hui, par des bals masqués, des défilés de chars dans les rues et des cortèges costumés.

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En Europe, le temps du Carnaval est d’une grande richesse folklorique Parmi les innombrables Carnavals du monde, on peut citer, entre autres : en Suisse, ceux de Bâle ou Zürich ; en Allemagne, ceux de Cologne ou de Munich ; en France celui de Nice ; en Italie celui de Venise. En Amérique du Sud, le Carnaval est roi. Il est considéré comme une grande libération sociale

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Le Carnaval, contrairement à d’autres fêtes, est une fête urbaine. Les défilés se font dans les rues et sur les places publiques. Les participants font du bruit, de la musique, car Carnaval est une forme de contestation même si elle s’exprime dans la dérision.

Si Carnaval est ainsi l’expression du désordre, il se déroule alors dans le lieu de l’ordre : la ville. L’ordre et le désordre peuvent alors être perçus comme indissociables, et laisser le second s’exprimer peut être le meilleur moyen de le limiter et de le maîtriser.