Sainte-Lucie

SAINTE LUCIE ….SANTA LUCIA …13 DECEMBRE

                        La fête de Lucie peut se rattacher d’une part à la sainte martyre sicilienne, morte en 304, mais aussi à la légende de Lucie, qui aurait été la première femme d’Adam. Cette dernière avait des accointances avec le diable et elle a donné naissance aux êtres invisibles qui vivent sous terre. Ainsi, le nom peut renvoyer aussi bien à la lumière (Lux) qu’au Diable (Lucifer). L’origine de Lucie est donc difficile à élucider et la fête est un composé de diverses traditions. Entre Lumière Céleste et Lumière des Enfers, la marge est ténue !

                               Le 13 décembre, en pleine saison d’obscurité, c’est la grande fête de la porteuse de lumière Elle, la reine de la lumière, la Sainte Lucie, arrive juste au moment où les pays nordiques souffrent de manque de lumière.

. Beaucoup d’anciens rites de feu et de lumière pratiqués lors des célébrations païennes de Noël, ont été associés à sainte Lucie parce que sa fête se célébrait le jour du solstice d’hiver, avant la réforme du calendrier.

               Chez les Norvégiens et les Suédois, au matin du 13 décembre, la fille aînée, vêtue d’une robe blanche et coiffée d’une couronne de bougies, vient réveiller les membres de sa famille, en portant sur un plateau du café et un pain tressé en forme de soleil. Ce pain est appelé une Lucie safranée. La fête de Sainte Lucie annonce aux démons de l’hiver que leur règne s’achève, que le soleil revient et que sa lumière vaincra les ténèbres.

                      Dans l’ancien calendrier, la nuit de la Sainte-Lucie était la plus longue de l’année (on l’appelait d’ailleurs Lusse långnatt ( la longue nuit de Lucie). C’était la nuit de tous les dangers où des êtres surnaturels étaient à l’œuvre et où tous les animaux pouvaient parler. Après cette longue nuit où, disait-on, les animaux domestiques tourmentés par la faim mordaient par trois fois leur mangeoire, il fallait leur donner le matin une ration supplémentaire de fourrage. Les humains, eux aussi, avaient besoin d’une nourriture plus substantielle et devaient prendre ce jour-là sept ou neuf solides petits déjeuners. Ces ripailles étaient liées au début du jeûne de Noël, qui commençait à la Sainte-Lucie.

                 Le dernier sorti du lit à la Sainte-Lucie était affublé du sobriquet de” pou de Lucie”  et pouvait être fouetté symboliquement avec des branches. L’abattage des bêtes de boucherie et le battage du grain devaient être terminés à la Sainte-Lucie – les greniers devaient être pleins pour Noël. C’est pourquoi, à la campagne, les jeunes, cette nuit-là, se déguisaient en garçons de Lucie et parcouraient le village en chantant et en quêtant de la nourriture et de l’eau-de-vie.

                La Lucie couronnée de lumière est apparue pour la première fois en 1764, chez les propriétaires terriens de la Suède de l’Ouest. Elle n’est devenue une coutume annuelle qu’au XXe siècle, par le truchement de l’école et de la tradition populaire qui s’exportait plus facilement. Les anciennes mascarades des « garçons de Lucie » ont perdu du terrain au fil de l’urbanisation et de la modernité des temps actuels.

  . Lucie, avec sa couronne de lumière et son cortège chantant de garçons et demoiselles d’honneur, était une forme de célébration jugée plus présentable et contrôlée que les parades turbulentes des jeunes gens. En 1927 a été élue la première Lucie de Stockholm. L’usage de faire servir par Lucie le café et les petits pains traditionnels remonte aux années 1880, mais les brioches au safran sont connues depuis bien plus longtemps.

La Sainte-Lucie est, avec la Saint-Jean, l’une des célébrations majeures de la culture suédoise, étroitement liée aux conditions de vie de la société paysanne nordique – ténèbres et lumière, froid et chaleur.

Lucie est une figure immémoriale, mais elle conserve aujourd’hui encore sa fonction de porteuse de lumière dans la sombre nuit d’hiver suédoise.