Le Chat

Adoré, déifié dans l’Antiquité, objet de toutes les attentions et dévotions…
Martyrisé, diabolisé, bouc émissaire de toutes les misères de la Terre dans l’Europe du
Haut Moyen-âge…

Minou d’amour, même s’il provoque des allergies à ses maîtres bien malgré lui, est surtout désormais un animal à fourrure et museaux divers qui compte au second rang mondial de compagnon domestique de l’homme après Médor chéri !

Dans l’ancienne Egypte, quiconque blessait ou mettait un chat à mort était puni de la peine de mort ! Chaque famille avait son chat qui chassait les souris et autres rongeurs de la maisonnée, protégeait récoltes et réserves, et l’on devait porter le deuil en se rasant les sourcils lorsque celui-ci venait à mourir.

Mais l’amour indéfectible que les Egyptiens portaient à ces petits félins leur attira aussi bien des problèmes :

Le Roi des Perses qui attaqua Péluse, à l’Est du Delta du Nil s’empara sans aucune perte humaine de la Cité : il avait muni chacun de ses soldats d’un chat, attaché à leur bouclier ! Par crainte de blesser l’un ‘entre eux, les Egyptiens se rendirent sans combattre !

Ils en interdisaient le commerce ou le simple don avec les pays « barbares » : la Crète, la Grèce, la Perse,la Mésopotamie, la Chaldée ce qui augmenta la méfiance des pays où ils s’installèrent peu à peu au fil des siècles..Le chat n’apparut donc en Europe que vers 500 avant JC et pas plus en Grèce qu’à Rome on ne fut séduit ou intéressé par l’énigmatique et habile chasseur .

Le retour de bâton ne se fit pas attendre pour le malheureux animal qui, de dieu vivant, passa dès le Moyen-Age au rang de suppôt de Satan complice des Sorcières, tout juste bon à chasser rats et rongeurs, incompris et méprisé.…

l’Eglise et l’Inquisition poursuivirent tout d’abord les chats noirs, représentation incarnée du Prince des Ténèbres.

Pour faire bonne mesure, les chats roux, censés danser le Sabbat ou se regrouper lors du Mardi-Gras n’étaient en fait que des sorcières réincarnées trompant ainsi l’entourage pour venir adorer le Malin. On lui fit sa fête en conséquence !

Lors des Fêtes de la Saint Jean qui marquaient l’arrivée de l’Eté, des centaines de chats s’entassaient sur les feux de joie. Louis XIV, grand amateur et amoureux de la race féline, finit par ordonner le Dernier Brasier de la Saint-Jean en 1648 sur la Place de Grève et en interdire la pratique officielle dans toutes les villes et villages du Royaume…On ne se le tint par forcément pour dit !

Ce ne fut que lorsque la Grande Peste décima l’Europe au milieu du 18ème siècle que l’on finit par lui rendre son rôle naturel de prédateur utile : chasser rats et souris qui répandaient le virus mortel de ports en villes!

Selon les croyances en vigueur, contradictoires dans le fond – chat/bonheur/ chat/malheur – mais permettant tout sévice imaginable dans les faits, un chat enfoui vivant dans les fondations d’une maison en assurait la stabilité et la durabilité..

Enfin vers le début du XIX ème siècle, le matou retrouva peu à peu le chemin du cœur et la confiance des humains au point de croire que la présence de ce compagnon ronronnant assurait le bonheur et l’harmonie dans une maisonnée.

Selon chaque pays, le vieilles croyances ont le poil dur et l’on dit encore :

En Italie..
un chat qui éternue assure la chance à ceux qui l’ont entendu

En Irlande…

17 ans de malchance pour celui qui tue un chat – même accidentellement –

En France…

un chat qui traverse la rue devant soi annonce un malheur,
traverser un pont un chat dans les bras éloigne la chance,
un chat errant qui élit domicile dans un foyer apporte le bonheur ou le rétablit.

Aux Etats-Unis…

Un chat blanc en rêve est le signe imminent de la chance

En Angleterre…

Un chat qui dort ramassé sur ses pattes annonce un hiver rigoureux

Au Cambodge…

Une chatte tricolore apporte bonheur et stabilité dans le foyer

Superstition quant tu nous tiens !