“Vilaine veille de Toussaint Ne présage rien de bien !…”

Numa Pompilius, pacifique Roi de Rome et gendre de Romulus, offrit à la Rome Antique 40 ans de règne sans une seule année de guerre ! A l’encontre du règne belliqueux de Romulus, le sien fut entièrement pacifique. On lui prête un caractère essentiellement constructif et pieux et la légende en fait l’organisateur de l’État romain, et en particulier l’auteur de ses institutions religieuses.

Il fit concorder l’année civile avec l’année solaire, créant douze mois au lieu de dix usités jusqu’alors, combla par des mois intercalaires l’écart existant avec l’ancienne chronologie. Sous son règne, Octobre devient le 10ème mois de l’année mais conserve pour l’usage, le nom d’Octo nommé par Romulus, son prédécesseur.

Dans toute l’Europe et le bassin méditerranéen, c’était le moment de «  faire ripaille » entre voisins , et d’offrir aux Dieux des banquets et des offrandes issues de la Terre : fruits, légumes, raisins sucrés pour le sud, pommes croquantes  et galettes pour le Nord, représentaient le centre de festins à bases de céréales pour remercier la nature de ses bienfaits et la possibilité de faire des provisions avant que l’Hiver, la disette ou une guerre ne détruise ces fastueuses récoltes.

Les Vendanges – Les Cueillettes –

C’est en Octobre que, dans l’hémisphère nord, on récolte les fruits de fin d’Eté entre Septembre et Octobre : les mirabelles, les prunes, les baies de genièvre en Alsace,

les premières châtaignes et marrons que l’on fera griller près d’un feu avant l’hiver, les pommes,

   

les différents raisins qui seront cueillis plus tôt si le printemps et l’Eté ont été très chauds.

La Plante du Mois :

             la Quintefeuille/ ou Main de Mars/ ou Pied de Pigeon

Cueillie en Octobre et Novembre depuis l’Antiquité, utilisée en Inde et dans la Perse, où elle était considérée comme un porte-bonheur à garder constamment sur soi pour obtenir toutes les faveurs possibles, c’est une plante rampante, velue, souvent rougêatre, qui ne paie pas de mine, et ses cinq feuilles correspondaient pour les Mages, les Druides et Sorciers, aux Cinq Eléments Chinois et aux Cinq Sens.

On récolte plante fleurie et racine en évitant le contact du fer.              Astringente, elle était utilisée pour arrêter les diarrhées, les hémorragies, les vomissements de sang, les hémorroïdes, les pertes blanches, l’incontinence urinaire.
La plante entière, bouillie dans du lait, était recommandée contre l’asthme, les bronchites, la coqueluche et les états anxieux.

En usage externe elle soigne maux de gorge, ulcérations et ramollissement des gencives.

Sa racine mâchonnée favorisait la percée dentaire des bébés. Un traité du XVIe siècle indique que « c’est un cas fort merveilleux que cette plante mise sous la plante des pieds et au creux de la main fait cesser les chaleurs de quelque fièvre que ce soit» . C’est aussi un dépuratif que l’on employait contre les maladies de peau : dartres, herpès, eczéma, prurit.

Malgré sa beauté, les jardiniers la considèrent comme une mauvaise herbe envahissante… dont il est parfois difficile de se débarrasser !

On ne peut pas plaire à tout le monde !

L’Arbre du Mois – l’Olivier –

        L’olivier, avec le blé et le vin, représente l’un des trois éléments mythiques de la vie du bassin méditerranéen. Considéré comme un arbre magique, on dit que tout est utilisable en lui :

Il nourrit, soigne et chauffe.

Si les Phéniciens l’introduisent au sud de la France vers 800 avant JC, il est cependant originaire de Mésopotamie voici 4000 ans avant JC, puis s’implanta en Syrie et en Perse – Iran –

L’olivier, c’est la paix, la sagesse et l’éternité ; généreux présent des Dieux, l’olivier (Olea europea) est un arbre d’exception, d’une noble beauté, et qui opère une véritable fascination. Il doit sa symbolique à une puissance de végétation exceptionnelle. Cet arbre à feuilles persistantes possède une longévité hors du commun, de plusieurs siècles. Malgré le feu ou le gel, même si son tronc est détruit, il repousse inlassablement, fidèle à la vie, tourné vers la lumière. Les oliviers vivent de nombreux siècles, leurs magnifiques troncs noueux soulignent cette impression de force et de sagesse

Ses symboliques sont innombrables ; en premier lieu la Paix retrouvée mais aussi :
la fécondité, la longévité, la force, la victoire (la couronne des vainqueurs), la pureté, l’élévation de l’esprit.

C’était l’arbre consacré au dieu romain Jupiter et à la déesse grecque Athéna.

Dans la Genèse,le rameau d’olivier que la colombe rapporte vers l’arche à Noë annonce la fin du déluge

     

La croix du Christ aurait été en cèdre et olivier.

Dans l’Egypte Antique, la déesse Isis est considérée comme la gardienne de la culture de l’olivier. Elle y enseigne également les bienfaits et les vertus de son huile.                              

L’olivier entre dans la mythologie Grecque lorsque Athéna, déesse de la Sagesse, affronte Poséidon pour la possession d’Athènes.

Ramsès III quand à lui donnera en offrande au dieu Râ, ses oliveraies afin d’y extraire l’huile la plus pure en guise de reconnaissance. A cette époque, les représentations des divinités étaient sculptées dans le bois d’olivier.

C’est grâce aux Grecs que les oliviers sont arrivés en Sicile, puis dans les environs de Marseille. Ce sont les Gaulois qui ont commencé à cultiver les oliveraies par les techniques du bouturage et par un système de champs en terrasses              

Offrir des olives à un voyageur, dans les civilisations antiques, signifiait que leur hôte était le bienvenu et pouvait séjourner en paix là où on l’invitait à séjourner, ou passer une nuit.

Au Moyen-Age c’était l’arbre de l’amour.

La Fleur du Mois – la giroflée –

La giroflée est un symbole de constance et d’élégance.
Offrir un bouquet de giroflées est  une preuve d’amour constant pour montrer à une personne qu’elle vous plait ou que vous serez toujours présent à ses cotés.

C’ est une fleur très ancienne. Son nom savant, Cheiranthus, vient de deux mots grecs signifiant ‘main’ et ‘fleur’. Dans la Grèce ancienne, on l’utilisait spécifiquement pour composer les bouquets de fête. Déclinée sous toutes les teintes, du blanc à l’orangé, en passant par le violet, le jaune, le bleu et le rouge, elle fleurit de Avril à Octobre et persiste encore un peu plus loin, résistante, lorsque le climat le permet.

Charlemagne avait une adoration pour cette fleur dont il trouvait la fragrance entêtante et poivrée, délicieuse.

En 1918, les soldats du front offrirent des giroflées à Clemenceau, lors d’une inspection. Il fut enterré, à sa demande, avec ce bouquet de giroflées.

L’Animal du Mois – Le Loup –

Vénéré, respecté, jamais chassé, chez les Mongols, les Turcs, les Egyptiens, le Loup est symbole de courage, de protection et de Loyauté.

Dans l’Egypte antique, les Egyptiens invoquent Oupouaout, le dieu à tête de loup. Il est « celui qui ouvre les chemins » aux morts jusqu’à Osiris  et guide le Soleil pendant son périple nocturne. Anubis,  son pendant, Dieu à tête de Chien ou de Chacal est représenté mais assis, pattes étendues. Oupouaout est souvent confondu avec le dieu Anubis, le dieu-chacal dont les diverses représentations sont très proches car Anubis a fini par “absorber” le dieu-loup au début de l’arrivée des Grecs en Égypte.

Oupouaout est une divinité guerrière qui avait conduit à la victoire les souverains de la Haute-Égypte, mais aussi le dieu des chasseurs de l’Ancienne Égypte. Depuis, lors des fêtes religieuses et des cérémonies royales, son effigie était portée sur un pavois en tête des cortèges. Plus tard, les Grecs installés en Égypte donnèrent à Assiout le nom de Lycopolis : la ville du Loup.

N’en déplaise aux légendes du Moyen-Age colportées dans les campagnes et les villes dévastées par des hivers rigoureux, les loups abordaient les quartiers habités ou les hameaux, de nuit, ne tuant que pour survivre.  Naturellement, le Loup craint l’homme, méfiant, timide, et n’agresse qu’en cas de besoin vital : se nourrir ou nourrir sa famille.

Au Moyen-Age, lors de disettes prolongées, et pour apaiser la colère des habitants affamés et furieux, les crieurs publics et lieutenants de l’armée royale exacerbaient la peur des malheureux dont un des parents avaient été dévoré par les loups. On faisait appel à la chasse au loup jusqu’à ce que mort s’ensuive, permettant aux prévôts et seigneurs, de détourner du pouvoir en place la hargne des paysans victimes d’une attaque.

Pourtant, ce ne sont pas les battues gigantesques qui eurent lieu durant plusieurs siècles en France qui virent l’espèce se raréfier, mais pour cause d’empoisonnement à partir du 18ème siècle. On vit fondre à une allure vertigineuse le nombre de loups notamment, dans le sud-est de la France, où les battues furent interdites dès 1840.

La mythique Bête du Gévaudan, animal mi-ours, mi loup, attisa la haine et la crainte des habitants et permit aux Lieutenants de Louveteries nommés par le Roi de lever une armée de 93.000 hommes…si on ne tua pas la Bête, du moins, tua-t-on des centaines de loups pour apaiser la crainte populaire.

Nourricière, protectrice, la Louve Romaine allaita Romulus et Rémus abandonnés dans le Tibre et fut élevée au rang de Déesse.

Romulus fondera Rome sur le mont Palatin ; puis, dans la mythologie romaine, Le Loup sera associé à Mars, Dieu de la Guerre.

L’Oiseau du Mois – La Chouette –

Dotée d`une tête caractéristique et d`un regard fixe, la chouette évoque, par son immobilité silencieuse : la sagesse ; par ses mœurs nocturnes et son calme :  la solitude (celle du misanthrope), par son cri inquiétant :  des mauvais présages.

La  chouette considérée un peu revêche, sage, était l`oiseau attribué par les Grecs à la déesse Athéna puis par les Romains à Minerve, d`où son nom, en français, d`Oiseau de Minerve. Solitaire, silencieuse, avec le regard fixe perçant les ténèbres, cette chouette symbolise le savoir, la vigilance, la clairvoyance. Elle reste éveillée dans les ténèbres et voit clair au cœur de la nuit.

En Grèce, on a donné le nom de chouettes aux monnaies athéniennes, en particulier au tétradrachme, de la fin du VIe au 1er siècle

  1. J.-C., parce que la chouette figurait ordinairement au revers des pièces

Contrairement au hibou,

la chouette est dépourvue d`aigrettes de plumes au dessus de la tête

Cet oiseau a la tête arrondie, grosse et plate, qui pivote sur 270°. Ses yeux sont remarquables par leur pupille énorme; son ouïe est très fine.

Au Moyen-Age elle devient symbole de la méditation et de la philosophie.

Le Poisson du Mois – Le Brochet –

                La Légende raconte : il était une fois en Bavière  un duc qui pêchait a la ligne il y a fort longtemps.

Après âpre bataille, il sortit un brochet magnifique (un peu plus de 1 m 50), si beau qu’il décida de le relâcher, non sans lui avoir d’abord fait poser sur la queue un anneau en argent.

Ce joli brochet fut capturé à nouveau un peu plus d’un siècle plus tard, et il n’avait pas beaucoup grandi – un peu moins de 2 m – une estimation de son âge est de 150 ans au moment de la première capture, soit 250 ans au moment de la seconde. Rien ne nous dit combien de temps il aurait pu vivre si il avait été relâché la seconde fois.

Mais l’histoire des brochets multi-centenaires ne s’arrête pas la.

Dans les années 1950, en en Sibérie, fut découvert un lac qui abritait des brochets de taille gigantesque (jusque 3 mètres, dit-on, et les prises dépassaient régulièrement 2 mètres).

Ces brochets ne faisaient pas partie d’une forme locale géante, mais étaient simplement des ancêtres… dont les plus vieux dépassaient probablement un demi-millénaire. Histoire marseillaise ?

Comment est-ce possible ? Ces animaux sont  des carnassiers aquatiques adaptables, et capables de croître sans limites, se nourrissant d’oiseaux d’eau lorsqu’ils atteignent des tailles exceptionnelles.

Dans le nord de l’Europe, le brochet a été connu de la plus haute antiquité ; On raconte qu’en Norvège il en fut pêché un si grand qu’il avala une épée. En France, on le mentionne, dès 1239, dans un acte relatif à la pêche des poissons de Seine et dans les Ordonnances de 1312 et 1402. À cette époque, non seulement on ne cherchait pas à le détruire mais, au contraire, on le protégeait.

Ainsi, il était interdit de le pêcher dans certaines rivières, notamment la Saône, avant la Saint-Laurent qui se trouve en août, moment où le brochet est le plus gras.

Sous Charles IX, roi de France, un des bassins du Louvre était réservé à cet élevage et, à certains appels, les brochets venaient prendre la nourriture qu’on leur apportait.

Le brochet est un poisson très vigoureux et très vorace, ou plutôt auquel on a attribué un appétit tellement formidable qu’on le surnomma le « Requin des eaux douces ».Mais d’où vient son véritable nom ?

Peut-être de sa forme, mais, plus probablement, de la façon de le préparer à la broche, très en faveur du temps de nos aïeux et que l’on a eu le tort d’abandonner tout à fait…au profit des poissons en surgelés !

Le Parfum du Mois –  la Bergamote –

La bergamote est un agrume vivace qui ne pousse que dans certaines zones tempérées de à l’Asie sud-orientale ou du bassin méditerranéen, comme la Sicile ou en Calabre. La bergamote possède des feuilles vernissées, de petites fleurs blanches et des fruits vert sombre ressemblant à des mandarines amères.

On surnomme l’abrisseau et ses petits citrons précieux «  L’Or Vert de la Calabre «   car il faut 200kgs de ces agrumes pour 1 litre d’huile essentielle !                            

C’est de leur fine peau que l’on extrait cette huile essentielle très parfumée utilisée en aromathérapie pour soigner angoisses et états dépressifs, les scientifiques lui ayant découvert des propriétés calmantes et euphorisantes.

                             

A l’origine, « l’eau » parfumée à la bergamote s’appelait « Aqua mirabilis « et était recommandée pour ses qualités curatives et stimulantes. Cette préparation fut baptisée eau de Cologne lorsqu’elle fut importée à Cologne en 1709 et déposée sous licence dès 1714 par le célèbre parfumeur Jean-Marie Farina.

Les cours royales d’Europe furent, durant plus d’un siècle, sa plus fervente clientèle : de Louis XV à Napoléon, on appréciait l’acidité fruitée qui tranchait des essences forte, entêtantes ou douceâtres sans alcool, utilisées jusqu’alors.

En Angleterre, cet arbrisseau est appelé bergamot car ses feuilles sont utilisées dans les salades de fruits et les liqueurs, pour leur saveur légèrement citronnée.

Dans les siècles passés, les Indiens d’Amérique utilisaient ces mêmes feuilles en infusion afin d’obtenir un breuvage fort et tonique appelé « thé d’Oswego ».

Quant au thé dit Earl Grey, fort prisé des Anglais, il s’agit d’une préparation à base de feuilles de thé de Ceylan aromatisées avec de l’huile essentielle de bergamote.               

Le Métal du Mois – le Platine

Bien que le platine soit considéré comme un métal récent sous sa forme actuelle, il possède une longue histoire.

Les civilisations de l’Ancienne Egypte ainsi que pré-colombienne le considéraient déjà comme un métal très important. La découverte moderne du platine est attribuée aux conquérants espagnols du 17ème siècle.

D’autre part, l’utilisation de platine dans la joaillerie fine a progressé rapidement au début du 20ème siècle. Le platine était déjà hautement apprécié pour sa beauté et sa résistance.

Les premières traces d’utilisation du platine datent de l’époque des Thèbes (une des principales cités grecque de l’antiquité) où l’on a trouvé une boîte ornée d’un ruban de platine datant du VIIème siècle avant J.C.

Les Egyptiens comme les indiens d’Amérique de Sud travaillent le platine depuis le début de notre ère grâce à la technique du frittage (Action d’assembler une poudre par chaleur ou par pression – la poudre de platine est chauffée en présence d’or, lequel en fondant est enrobé d’or).

En effet, le nom de platine est issu de l’espagnol, « platina », qui signifie petit argent. Les espagnols avaient découverts des dépôts du rare métal blanc lors de la recherche d’or dans la région du Choco en Colombie. Paradoxalement, ils ont considéré le platine comme une nuisance à l’exploitation de l’or.

Finalement, il sera étudié par des astronomes Espagnols entre 1735 et 1740 leur conclusion, à l’époque, est que le métal était inexploitable.

Il faut attendre le chimiste suédois Henrik Scheffer, en 1751 qui réalise une expérience dans le but de transformer le platine en or véritable pour obtenir le premier alliage de platine.

Il fit fondre les paillettes avec de l’arsenic et obtient ce qu’il baptisa d’abord “or blanc.” – Quelques tests simples de densité et de dureté, lui firent rapidement comprendre qu’il se trouvait face à une matière nouvelle, baptisée platine.

Bien que sa reconnaissance ait été tardive le platine est, aujourd’hui, considéré comme LE métal le plus précieux et le plus rare – Une récompense de platine est toujours supérieure à une récompense d’or.

D’autre part, l’utilisation de platine dans la joaillerie fine a progressé rapidement au début du 20ème siècle. Le platine était déjà hautement apprécié pour sa beauté et sa résistance dans l’antiquité ; il reprit il y a une centaine d’années, ses lettres de noblesse